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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
ans ou tous les deux ans ; elle produit à peine deux livres
de laine annuellement. On a cherché à diverses reprises à
obtenir, par le croisement des races étrangères et notam
ment avec le mérinos, de plus beaux produits donnant des
laines supérieures. Oh a remarqué qu’il était très mauvais
pour la reproduction d’amener des béliers étrangers trop
jeunes dans ces régions. Le vétérinaire belge Declerck
estime que le travail d’acclimatation, auquel ils sont sou
mis, diminue leurs forces. Le climat des hauts plateaux est,
en effet, sec et froid ; la dépression atmosphérique, dans
une semblable altitude (3.000 à 4.000 mètres), est très
grande et, de plus, la nourriture y est généralement
insuffisante pour les races étrangères, habituées aune ali
mentation beaucoup plus intense.
Dans le but d’améliorer la race ovine du pays plusieurs
fortes sociétés anglaises et péruviennes établies dans les
provinces de Tarma, Jauja et de Huancayo, ont intro
duit dans leurs haciendas des moutons mérinos et des
croisés. Elles ont importé aussi un certain nombre de
vaches suisses. Dans les haciendas de « Gonsac », de
« Runatullo », de « San Juan de Yanamucro» où ces essais
furent faits, les résultats ont été des plus encourageants.
Pendant que les brebis du pays produisent à peine un kilo
de laine annuellement, les mérinos et les métis donnèrent
dans le même espace 1 kilogr. 600 et 2 kilogr. 500 par
tête ; les vaches, elles, donnèrent 15 litres de lait par jour.
Une autre société anglaise a importé de Punta Arena
(Terre de Feu) à Atocsaïco, près de Junin, entre la Oroya
moyenne que deux litres de lait par jour; il est vrai que l’on a dans la
Puna lamauvaise habitude de ne traire les vaches qu’une fois par jour, ce
qui est de nature à faire baisser leur production en lait. D’autre part les
bœufs ne sont mis à l’engrais que vers l’âge de quatre ans, ce qui est trop
tard.