LE PÉROU ÉCONOMIQUE
237
grande variété et leur chair, quoi qu’on dise, est fort déli
cate; les perruches criardes fourmillent littéralement, ainsi
que les aras aux plumages admirablement variés.
On trouve sur toutes les rivières et fleuves de la Mon
tana des tortues en grand nombre qui sont une grande
ressource pour les indigènes. Les reptiles, qui sont plutôt
rares sur la Costa et dans la Sierra, sont par contre trop
nombreux dans l’Amazonie péruvienne ; parmi ceux-ci,
figurent en première place le boa constrictor, et le sucu-
riyuoxi boa aquatique ; cedernier, nommépar les indigènes
de la Montana yuca marnai, et, par les métis, marna de
agua ou mère de l’eau, atteint des proportions vraiment
incroyables : Emmanuel Liais cite le cas d’un sucuriyu
de 22 mètres. Nous avouerons n’en avoir jamais entrevu
aucun approchant de cette taille, même de loin. L’unique
spécimen que nous ayons pu mesurer était un sucuriyu
atteignant un peu plus de 9 mètres, dont nous avions
trouvé le cadavre enfoui dans la vase ; en outre, nous avons
Pu voir, dans une exploitation, un très curieux fauteuil fait
avec les vertèbres d’un boa de 12 mètres.
Beaucoup de voyageurs ont fait au sucuriyu, ou boa
aquatique, une réputation aussi terrible qu'imméritée ;
si par son aspect cette couleuvre géante est redoutable et
inspire une légitime frayeur, elle est généralement inolFen-
sive et fuit à l’approche des canots et au moindre bruit.
Parmi les serpents il en existe maintes variétés plus
dangereuses les unes que les autres : serpent à son
nettes, serpent corail, macarana, plusieurs espèces de
bothrops tout aussi redoutables, la vibora sons a ou
V1 père niaise, etc., etc. Malgré l’abondance de ces répu
gnants reptiles dans certaines régions, il ne faut pas
eroire qu’à chaque instant on aura maille à partir avec
qnelques-uns d’entre eux, le plus souvent on ne fait que