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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Conibos depuis l’embouchure du Maranon jusqu’à l’Uru-
bamba et sur plusieurs affluents de l’Ucayali. Ces deux
tribus ont des coutumes et un idiome identiques, si bien
qu’on les considère comme formant une seule nation
indienne. Ces Indiens sont de taille moyenne, générale
ment robustes et de teint plus foncé que les Piros.
Hommes et femmes sont ordinairement laids, laideur en
core augmentée par la coutume barbare d’aplatir la tête
des nouveau-nés entre deux planchettes : l’une placée sur
le front et l’autre derrière. Suivant eux, cette coutume
aurait pour but de leur durcir la boîte crânienne de façon à
résister aux terribles coups de mâcana, sorte de massue
ou matraque en bois de chonta dont ils se servent dans
leurs querelles ou leurs combats.
Conibos et Sipibos sont de caractère circonspect, très
attachés à leurs usages traditionnels ; ils sont surtout
vains et orgueilleux, se croyant les plus industrieux et les
plus vaillants des habitants de l’Ucayali. Leurs planta
tions sont en réalité bien cultivées et ils possèdent tou
jours plus que le nécessaire à leur subsistance. Leurs
cases sont grandes avec des toits très élevés et d’une
grande solidité, quelques-unes ont jusqu’à 25 mètres de
long sur 15 de large, ces habitations sont très propres et
donnent asile à trois ou quatre familles chacune. Ces
grandes cases sont toujours isolées, il est très rare de les
rencontrer en groupe. Auprès de chaque habitation, il y a
de petites huttes destinées à recevoir toute la batterie de
cuisine, vases et plats en terre cuite, de la fabrication
exclusive des femmes.
Les armes des Sipibos et des Conibos sont les mêmes
que celles de tous les Indiens de l’Amazonie, arcs et
flèches, macana, mais celle qu’ils préfèrent et emploient
le plus fréquemment, est la sarbacane ou pucuna,, arme