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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Les Amahuacas ou Hipetineris sont une autre tribu
voisine des précédentes ; ils occupent une grande étendue
de territoire inclus dans sa longueur, entre les rios Pa-
cria, tributaire de l’Urubamba, et le Tamaya, qui se jette
dans le bas Ucayali; et dans sa largeur depuis la vallée
de l’Ucayali jusqu’aux fleuves Purus et Yurua. Ils habitent
les deux versants d’une longue chaîne de collines qui sé
pare les deux bassins et de préférence les rives des ri
vières latérales. Les Indiens de cette tribu, qui vivent
encore à l’état sauvage pour une grande partie, sont con
sidérés comme dociles et faciles à accoutumer au travail.
Les Amahuacas, qui habitent près de l’Ucayali, se
prêtent sans difficulté à servir de rameurs aux voyageurs
de cette région, ainsi qu’à l’exploitation du caoutchouc,
contre lequel ils obtiennent des vêtements qu’ils ne tissent
pas eux-mêmes ; ceux qui habitent les régions éloignées
vont complètement nus. Cette tribu, qui par son carac
tère soumis pourrait rendre des services dans les exploi
tations et qui par le nombre est presque égale à celle des
Campas, est malheureusement la victime désignée pour
les correrias des Piros, Cashibos, Sipibos, Conibos et
d’autres encore qui causent chez elle de grands ravages.
XVII. — Les Indiens Amueshes habitent la région du
Palcazu, de l’Ené et du Pérené, etc. Ils sont de petite
taille, de sorte qu’un grand nombre paraissent être des
enfants avec des visages de vieillards ; ils vieillissent vite
et ne vivent pas vieux, les hommes de cinquante ans sont
rares parmi eux. Il se trouve toutefois parmi eux de forts
beaux types à la physionomie expressive, particulièrement
chez les jeunes gens. Ils ont, comme la race mongole, quel
que chose d’oblique dans la ligne des yeux assez petits,
les pommettes proéminentes et le nez camus. Leur teint est
à peine bronzé, la chevelure noire et longue ; généralement