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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
espagnole des quantités prodigieuses d’or. Depuis, malgré
le peu d’activité des mines dû au défaut de routes et aussi
de bras et de capitaux, la région a toujours produit une
notable quantité du précieux métal.
XIII. — L’histoire minière de cette région et de celle
voisine de Cuzco, enregistre des faits de richesse miné
rale inouïe, presque invraisemblable. Au commencement
du xvii” siècle un cerro (mont) qui s’écroule à la suite
d’un tremblement de terre met à jour des « paniers
d’oranges » (1) dont quelques « nuggets » (morceaux, pé
pites) pèsent plus de 20 kilos. Le sol est si riche, que
vers 1787 les intempéries mettaient à découvert des pé
pites de 60 à 70’ grammes. Le rendement de la mine de
Carabaya, pendant la domination espagnole, peut être
estimé à 2 milliards 800 millions de francs (2).
Les archives de Lima font encore mention de pépites
d’un poids et d’une grosseur extraordinaires, incroyables
même ; l’une, qui fut envoyée à Gharles-Quint, pesait
50 kilos, elle avait la forme d’une tête de cheval et fut dé
couverte dans la province de Cuzco. Plus tard on expédia
à Philippe II un morceau d’or natif d’un poids à peu près
égal, et qui affectait la forme d’une tête humaine, mais ce
bloc ne parvint pas à son destinataire, le vaisseau qui le
portait ayant fait naufrage.
Indépendamment des mines, on trouve des alluvions
très riches dans plusieurs rivières du nord de Tumbes et
dans le département d’Amazonas, sur les rives de la
plupart des affluents et sous-affluents de l’Amazone qui
sillonnent la Montana péruvienne, par exemple, sur
(1) Gîtes ou poches où on trouve des pépites d’or pur, plus ou moins
grosses et plus ou moins nombreuses.
(2) Cette mine, nommée Sanlo Domingo, est aujourd’hui exploitée par
une compagnie nord-américaine.