— 123 —
trouveront rien qui puisse répugner à leur conscience religieuse,
mais ils y trouveront au contraire le milieu le plus approprié
pour la réalisation des idéalités religieuses et sociales que
l’Eglise catholique préconise.
«Quant à la structure des syndicats, dans le projet de
loi que le Président du Conseil et moi avons eu l'honneur de
présenter à la Chambre, les syndicats mixtes étaient expres-
sément mentionnés, sans les rendre aucunement obligatoires,
mais en prévoyant la possibilité de leur constitution. La
Commission parlementaire à estimé cette mention superflue.
«Je n’ai aucune difficulté à consentir à la suppression
demandée, mais cela n'implique pas, je le déclare expressé-
ment, l’exclusion des syndicats mixtes. Le silence de la loi ne
signifie pas interdiction; il signifie seulement constatation de la
réalité actuelle, qui ne connaît pas encore ce type de syndicat.
« Je sais bien que contre les syndicats mixtes il y a des
préjugés d’ordre international devant lesquels, toutefois, nous
ne pouvons nous incliner. La législation internationale est
dominée par les principes de la lutte de classe que nous sommes
heureux d’avoir surmontée en Italie.
«J’ai personnellement, je le déclare, beaucoup de sym-
pathie pour les syndicats mixtes ; je crois qu’ils ne présentent
aucun danger et qu’ils offrent beaucoup d’avantages; surtout
des avantages d’ordre psychologique, notamment la possibilité
de rendre évidente l’intime solidarité qui lie tous les facteurs
de la production. Car nous devons faire comprendre à tous,
non seulement aux ouvriers mais aussi aux industriels, qu’il
y a une solidarité absolue entre les facteurs de la production,
dans le moment décisif de la vie économique qui est celui de la
production. Si, au moment de la distribution, des conflits se
produisent, ils peuvent être aplanis d'autant plus facilement
que l’esprit de solidarité établi entre les facteurs de la production
pendant la période de la production, est plus profond et
plus réel.
__ € Quelques observations encore au sujet des syndicats cons-
titués parmi le personnel de l’Etat et d’autres organes publics.
« C’est à dessein que le projet de loi ne s’oceupe pas des
syndicats de cet ordre. Il déclare même que ces syndicats ne
peuvent être légalement reconnus et que dans certains cas
graves (quand il s’agit des organes le plus délicats, participant
à l’exercice de la souveraineté) ils sont interdits. Cela se com-
prend. L'Etat peut considérer comme nécessaires des organi-