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Quant au Warenhaus proprement dit, s’il n’est pas,
comme le veut Schwander, un étalage ambulant qui
s’est fixé ; on peut cependant le comparer à un marché
tenu par une seule personne et en permanence dans un
bâtiment définitif. A Schliepmann, il rappelle la basi-
lique des Romains et le bazar oriental (dont il prend
du reste souvent le nom), et Leroy-Beaulieu reprend
cette comparaison avec une espèce de lyrisme :
« Les bazars renaissent ainsi au centre des villes, sui-
» vant la coutume orientale.» *.
Le grand magasin est comme la manifestation con-
crète d'une tendance à la concentration du commerce
de détail. Cette tendance est-elle normale ? Résulte-i-
elle de causes aussi inéluctables que celles qui ont
amené la constitution de la grande industrie ? Pour
Leroy-Beaulieu, cela ne fait pas de doute :
«La transformation du commerce, pour être moins
» avancée que celle de l’industrie, se poursuit néan-
» Dinge, von denen die « Geschichten des Handels» ange-
pfüllt sind, die zunächst sichtbaren sind, hinter denen erst
» die sozialen Beziehungen liegen, an die wir denken müs-
» sen, wenn wir mit einigem Sinn einen Begriff wie den :
« «cHandel » bilden wollen. »
+ Op. cit, p. 315. Cette phrase est précédée du texte que
voici: Les moyens d’information «permettent à quelques
» vastes magasins installés au centre du pays de ‘faire
»rayonner leurs produits sur tout le territoire et même à
pl’étranger. Ces puissantes maisons peuvent se passer des
» marchands en gros, des courtiers, même ‘des commis-
» voyageurs ; elles parlent aux yeux par leurs magnifiques
» étalages d’objets variés, par leurs prospectus enluminés ou
» leurs échantillons. »
L’allusion que contient ce texte à l’activité exportatrice
des grands magasins nous explique pourquoi ils ont fini par
jouir en France d’une véritable faveur : ils répandent au
loin les articles de Paris et font couler vers Paris l’argent
de l’étranger.