264 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
ve des ouvriers unis par des liens de camaraderie et
qui, pour des raisons d’économie ou de convenance-
personelles, préfèrent travailler dans le même apparte
ment (IL A Herstal, des armuriers n’ayant pas leur
forge à eux, louent une place chez un collègue (2).
Dans l’industrie du vêtement, nous retrouvons le
même phénomène. Les allemands appellent ce genre
d’ouvriers « Sitzgesellen ». A première vue, ils ont
l’air d’être ouvriers d’un atelier ; en réalité, ils tra-
uaillent pour un entrepreneur faisant fabriquer à
domicile. Dans l’industrie de la laine, certains tisse
rands, quand ils ne savent plus travailer eux-mêmes,
louent leurs métiers à la main et leur local à d’autres
(3).
5°j L’ouvrier à domicile peut travailler dans une fa
brique, comme le reforeur dans l’industrie armurière. Il
loue dans un établissement mécanique, une fabrique de
clous par exemple, une place libre et dispose ainsi de
la force motrice (4).
Le lecteur se sera demandé, en lisant ces exemples
des formes multiples de l’industrie à domicile, quels
en sont les caractères distinctifs. Ce qui distingue l’in
dustrie à domicile du métier c’est la différenciation
du travail de production des autres fonctions notam
ment de la fonction commerciale. La différenciation
(1) Ib. v. III. p. 22.
(2) D r A. Swaine : Die Heimarbeit in der Gewehrindustrie von
Lüttich und dern Umgebung. Jarhrb. fur Nationalôkonomie und
Statistik. 1896. p. 196.
(3) Office du travail. Industries à domicile, v. VI, p. 92.
(4) Dr A. Swaine : 1. c. p. 193.