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évite en se syndiquant et en devenant lui-même une
puissance politique, Il n’y a pas si longtemps que le
journal socialiste Volksrecht adressait aux détaillants
zurichois une lettre leur ordonnant (il n’y a pas d'autre
mot !) de s’abonner, sinon. c'était le boycott ! Ménager
la chèvre et le chou devient le grand art. Mais qu'en
est-il alors de la dignité de cette classe « dont l'Etat ne
saurait se passer » (Jaccard et Blanc)? Et comme le
soi-disant propriétaire des moyens de production n’est
souvent qu’un employé, mal payé, de son bailleur de
fonds, « la soi-disant indépendance n’est donc pour un
> grand nombre d'artisans et de commerçants pas
» grand’chose de plus qu’un concept vide, » ‘
Aussi peut-on dire que l'artisan ou le commerçant
prolétarisé qui meurt de faim ne sort pas de la classe
moyenne quand il est enfin obligé de fermer boutique,
mais au contraire il y entre véritablement Je jour qu’il
levient un salarié à son aise?
« Les petites existences indépendantes diminuent ;
> par contre, le nombre des employés bien payés aug-
» mente. La classe moyenne ne va pas à sa ruine, mais
» elle prend d’autres formes sociales. L'organisation à
» laquelle recourent ou recourront les employés de tous
» les degrés pour se protéger contre la puissance de con-
> centration du capital, que ce soit sous forme de société
» anonyme, ou de grande entreprise privée, ou même de
> société de consommation, fait déjà le nécessaire pour
> leur assurer la liberté et l’indépendance indispensa-
‘bles, de sorte que leur position sociale reste aussi ho-
> norable que précédemment (quand ils étaient indé-
» pvendants). Et beaucoup ont pu ainsi, et ce n’est pas un
{ «Die sogenannte Selbständigkeit ist also bei einer gros-
)sen Zahl von Gewerbetreibenden fast nur ein leerer Be-
) griff.» (Wernicke, op. cit 332.)
> Ci. Wernicke on ds