L’ÉCHANGE -
recherche vaine de savoir si c’est l’offre et la demande qui
déterminent le prix ou le prix qui détermine l’offre et la
demande, s'attachent seulement à préciser les rapports qui
existent entre ces divers faits, et cette analyse a été poussée
à fond par les économistes contemporains.
On constate d’abord comme établi par l'expérience que
toutes les fois que les prix augmentent, la demande diminue
jusqu’à un certain prix auquel elle devient nulle (1).
On traduit cette loi par une figure très simple. Prenons
une marchandise quelconque. Tracez une ligne horizontale
sur laquelle vous marquez, à des intervalles équidistants,
des prix croissants : 1, 2, 3, 4, 5... 10, etc, chiffres conven-
tionnels qui représentent les prix cotés sur un marché, en
centimes, francs ou livres, Représentez par une ligne verti-
cale d’une hauteur quelconque a la quantité demandée au
prix de 1 franc, par exemple le nombre de kilos ou de
mètres ou de litres d’une marchandise quelconque — puis,
par d'autres verticales et à la même échelle, la quantité de
la même marchandise demandée aux prix de 2, de 3, de 4,
de 5.., de 10 fr, etc. On verra ces lignes verticales aller en
décroissant, de plus en plus petites jusqu’à zéro (2). Reliez
enfin les sommets de toutes ces verticales par une même
ligne : cette ligne, toujours descendante, plus ou moins rapi-
dement infléchie, mais qui finit toujours, à point donné, par
(1) Ce théorème semble avoir reçu un démenti des faits depuis la guerre,
car quoique les prix aient prodigieusement augmenté on n'a pas vu que la
demande ait diminué, et même pour beaucoup de produits elle avait augmenté !
Il n’y à pourtant pas là une contradiction avec la loi ci-dessus formulée.
Celle-ci doit s'entendre, comme toute loi économique, sous cette réserve : toute
chose égale d'ailleurs, c’est-à-dire en supposant que les moyens d'achat du con-
sommateur restent les mêmes. Or tel n'est pas le cas, car depuis la guerre
par suite du quadruplement de la monnaie. sous forme de billets de banque,
et de la hausse des salaires et du profit qui en est résulté, les moyens
mis à la disposition de la plupart des consommateurs ont énormément aug-
menté.
Mais dès que l'émission des billets a cessé d'augmenter — en 1920 —
l'ascension des prix s'est arrêtée ; et mème, de 1920 à 1922 il y a eu baisse,
Ce n'est que dans les derniers mois de 1924 que le niveau de 1920 a été
retronvé et un peu dépassé
(2) Dans tous les graphiques les verticales s'appellent /es ordonnées, et
les distances marquées sur l'horizontale /es abcisses.
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