dE PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
même, plus petite sera la quantité de cet objet qu’on pourra
acquérir avec une somme déterminée de monnaie.
Le prix n’est donc, comme la valeur elle-même, qu’un
rapport. Or on sait que si l’on change l’un des deux termes
du rapport, on change nécessairement le rapport lui-mème.
Si la longueur du mètre n’était demain que la moitié de ce
qu’elle est aujourd’hui, par suite d’un raccourcissement de
la circonférence terrestre dont le mètre n’est qu’une subdi-
vision, ou plutôt par celle de l’étalon qui sert à le régler,
n’est-il pas évident que pour tous les objets que nous
n’aurions pas sous les yeux, et dont nous lirions les mesures,
nous croirions leurs dimensions changées, puisque là ou
nous comptions un mètre nous en trouverions dorénavant
deux ? Cependant il n’en serait rien : en réalité, il n’y aurait
là .qu’une illusion produite par le raccourcissement de
l’unité de mesure. De même, si l’or et l’argent venaient à
perdre la moitié de leur valeur par suite de quelque cause
beaucoup moins miraculeuse, par exemple par suite de leur
surabondance, il est clair que le prix de tous les objets,
c’est-à-dire leur valeur exprimée en monnaie, nous paraî-
trait avoir doublé. Et ici nous n’aurions pas la ressource,
pour redresser l’erreur, de regarder les objets ou de les
toucher, car, en ce qui concerne la valeur, les sens ne nous
apprennent rien.
Nous pouvons donc formuler cette loi : foule varialion
dans la valeur de la monnaie entraîne une variation inverse-
ment proportionnelle dans les prix.
Mais il serait inexact de retourner la formule en disant
que toute variation dans le prix d’un objet quelconque sup-
pose nécessairement une variation inverse dans la valeur de
la monnaie, car il est possible aussi que cette variation de
prix ait sa cause dans l’objet lui-même : par exemple, s’il
s’agit du blé, qu’elle aît pour cause une récolte déficitaire,
Par conséquent, toutes les fois qu’on se trouve en face
d’une hausse ou d’une baisse des prix, il y a deux catégories
de causes à étudier : 1° celles qui agissent sur la valeur de
cette marchandise unique qui est la monnaie ; 2° celles qui
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