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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
parce qu’elles sont envahies par les eaux et bien qu’elles
soient èncore fort riches, mais la configuration du sol
montueux environnant, sans système d’écoulement, occa
sionnerait de trop grandes dépenses pour les épuiser. Un
grand nombre de cours d’eau du département charrient de
l’or. Cette réputation, attire chaque année un certain
nombre d’orpailleurs qui viennent y tenter la fortune. Mais
comme toujours en pareil cas, il y a plus d’appelés que
d’élus et beaucoup perdent leur temps et leur argent.
En raison de son climat et de son sol varié, Puno pos
sède une grande diversité d’animaux et de végétaux; tout
y peut vivre, tout y peut pousser. Le climat du plateau se
prête admirablement à l’élevage. La population de ce dé
partement est de plus de 540.000 habitants; c’est la plus
dense de la république.
XVII. — Le Cuzco, chef-lieu du département qui porte
son nom, est situé dans une vallée en amphithéâtre à
3.488 mètres d’altitude et à plus de 400 kilomètres de la
côte. C’est l’ancienne métropole des Incas, aujourd’hui
déchue de sa splendeur. Si elle n’est plus comme jadis
étincelante d’or, cette cité, ainsi que toute la région qui
l’entoure, mérite de retenir l’attention de tous, capitalistes,
négociants, artisans, car l’arrivée il y a deux ans du che
min de fer à Cuzco provoqua la fondation de nombreuses
industries et exploitations qui furent favorisées par une
main-d’œuvre assez nombreuse et bon marché.
En quelque point que l’on se trouve sur la côte du Pérou,
la voie la plus pratique pour se rendre dans l’ancienne ca
pitale des Incas est celle de Mollendo-Aréquipa-Sicuani,
ligne ferrée qui a été prolongée jusqu’à Cuzco même.
Après avoir quitté Mollendo, le chemin de fer se lance à
travers une contrée aride et désolée; tout d’abord, la pente
est assez raide, puis on découvre à travers une éclaircie