» auquel nous assistons (?) a toujours plus pour effet
» de faire disparaître la classe des artisans et des dé-
» taillants sous la pression du capital international d’une
> part, de la tactique révolutionnaire sociale et de l'ex-
» tension des sociétés de consommation d’autre part » *.
C’est là ce que Leroy-Beaulieu semble ne pas com-
prendre, et il fonce sur les victimes de la concentration
commerciale avec des violences de langage qui étonnent
de la part d’un ‘économiste d’une aussi haute valeur
scientifique *. Il y a donc dans son aversion pour l’inter-
+ Résolutions du Congrès international des classes moyen-
nes, 1924, page 38
? Op. cit, pp. 319-320 :
«Dans le cas qui nous occupe, ces victimes ce sont les
)» intermédiaires ; toute celte nuée de commerçants en gros,
»en demi-gros, en détail, de courtiers, de commis-voya-
» geurs. Le progrès ne les épargne pas ; il les réduit, parfois
» les supprime. L’opinion publique a toujours considéré com-
»me des inutiles, comme des parasites, tous ces négociants,
> du moins beaucoup d’entre eux qui passent leur vie à ache-
bter pour revendre, et qui du fabricant jusqu’au consom-
>» mateur définitif forment une longue chaîne d’anneaux
» dont chacun grève la marchandise de nouveaux frais et
»la renchérit. L'économie politique du commencement du
p siècle. s’épuisait à démontrer que tous ces intermédiaires
» rendent un service, gagnent légitimement leur vie. C’était
» à tort ; on est, grâce au ciel, revenu de cette notion. Qua-
»tre ou cinq, huit ou dix personnes, qui s’interposent entre
»le fabricant et le consommateur, sous les noms de cour-
p tiers, de marchands en gros, en demi-gros, au détail, for-
» ment un véritable poids mort qui alourdit le travail so-
» cial et retarde l’essor de la production et du bien-être, »
Que dire aussi de ces lignes aimables consacrées à ces dé-
faillants «n’ayant dans l’esprit aucun mouvement, aucun
» goût de progrès, aucun sentiment du beau, aigris contre
» les hommes et contre les choses, et ne sachant jamais que
» se plaindre ? On les a appelés parasites ; et ce nom leur
» convient, ils ont de ces animaux l’immobilité et l’inutili-
»té.»