Full text : La crise du petit commerce

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Il existe dans le public un goût inné pour les cadeaux
et les primes. Nous n’avons pas à faire ici la psychologie
de ce goût. I] nous suffit de constater qu’il existe, et qu’il
en doit logiquement résulter que le rabais, en tant que
lel, ne peut qu’être un usage vieux comme le monde.
Si, aujourd’hui, les détaillants font servir le rabais à
l’assainissement de la situation de leur profession, il est
naturel de supposer que, avant que cet intérêt passât au
premier plan, d’autres intérêts ont dù chercher à se salisfaire
 en mettant à profit le goût pour les rabais. L'histoire
 nous enseigne qu’il en est bien ainsi. Le capitalisme
s’est emparé des rabais avant la classe moyenne et a créé
les services d’escompte à but lucratif, aujourd’hui défunts,
 mais qui ont vécu pendant bien des années en parasites
 de la classe movenne *.

souscripteurs. Ainsi l’association romande «Pro Familia »
a obtenu un rabais de 10 % en faveur de ses membres de
toute une série de négociants vendant des denrées de consommation
 courante. Le but avoué de cette combinaison,
c’est que les cotisations de «Pro Familia» ne coûtent rien
à ses membres, et qu’ainsi ceux-ci augmentent rapidement
en nombre. On voit que « Pro Familia» préfère la quantité
à la qualité. Mais que dire d’une association en faveur de
la restauration de la famille, et qui sabote délibérément les
intérêts de la classe moyenne, c’est-à-dire du milieu par
excellence où toute société recrute ses familles solidement
constituées. Le proverbe a raison qui dit, quelque peu mélancoliquement,
 que «faire et défaire. c’est toujours travailler
 ! »

! Aux différents systèmes de services d’escompte sont
restés attachés les noms de ceux qui les ont inventés, ce
qui indique bien qu’il ne s’agit pas de trouvailles quelconques.
 Parmi les systèmes à but lucratif, on cite le système
Wiedenbach, et d’autres. Ce n’est point notre affaire d’entrer
 dans les détails, ces systèmes ayant tout été que des facteurs
 de politique positive. Comme créateur de la conceplion
 moderne, on donne Lœwental, qui n’excluait pourtant
pas complètement ‘le but lucratif, et qui préconisait l’idée
compliquée (d’origine anglaise) de faire servir le rabais à
une assurance sur la vie (à titre de prime). Cette idée a
dû. bien entendu. être bientôt éliminée.
            
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