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exerce sur le fer! Les réfugiés en Bulgarie n’ont pas perdu un instant
l’espoir de revoir leurs foyers libres et d’y rentrer: c’est une hantise
dont personne ne saurait les guérir.
La situation en Macédoine devenait intolérable. Les Etats balkaniques
eurent un moment de lucidité; ils aperçurent ce que la manie des
Jeuns Turcs de turquiser la Macédoine leur réservait; et l’alliance balkanique
fut signée le 19 février 1912. Le pivot de ce document historique
était la reconnaissance par les Serbes et les Bulgares de la plus
grande partie de la Macédoine comme pays bulgare. Toute la partie au
delà du Char, Cossovo et Métohia étaient pays serbes, La région de Scopié
restait litigieuse ‘entre les parties; c’était au suprême arbitre Nicolas II
de Russie, qu’il appartenait en dernier lieu d’en décider,
L'arrivée au pouvoir des Jeuns Turcs, resolus à mater les nationalités
pour en faire un seul amalgame, de les turquiser dans un Etat
uniforme, mit le comble et précipita les événements, Devant le danger
commun, l'Alliance balkanique. réunit les petits Etats: Monténégro,
Grèce, Serbie et Bulgarie dans une sainte croisade qui remporta des
victoires décisives. Les alliés eurent partout des succès; les Bulgares,
qui avaient la tâche la plus lourde, balayèrent en moins de 15 jours la
force turque de l’Europe, dans des combats glorieux où l’armée turque
en déroute ne s'arrêta qu’aux portes de Constantinople. La Turquie fut
obligée de signer la paix de Londres (Mai 1913).
C'était un succès que les chrétiens unis avaient remporté en peu
de temps en un moment d’enthousiasme, que. l’Europe toute entière
admirait,
Mais le genie du mal veillait; l’envie et la haine accumulés pendant
des siècles parmis les Balkaniques, les intrigues étrangères et le
marque d’hommes politiques prévoyants, ont annibilé les résultats obtenus
par les armées pour replonger de nouveau la péninsule dans le
chaos. La victoire de l’armée bulgare fut complète et inattendue. Malheureusement
l’alliance balkanique finit par un désastre lamentable; elle:
sombra dans une guerre intéralliée, provoquée et préparée par une félonie.
Tout le monde le sait et c’est la vérité-même. Mais quel est Ie
felon qui commit ce crime, cette malédiction qui pèse de nos jours et pésera
sur les Balkans pour longtemps encore? On a trouvé plus facile de
rejeter la faute sur les Bulgares; les apparences et une campagne de
presse bien dirigée et richement rémunérée ont contribué à propager la
contrevérité que ce soni les Bulgares qui attaquèrent les premiers leurs
alliés serbes pour dissoudre l’alliance. À 15 ans de distance, la vérité a
éclaté toute autre; les faits ont été établis; la preuve a été fournie. Le
vrai félon se trouve de l’autre côté.
Dès le commencement de la guerre de 1912, les Serbes s’introduisent
en Macédoine comme alliés des Bulgares, mais ils se comportent
en vrais ennemis et conquérants. Tandis que l’armée bulgare s’extenue
à retenir les Turcs à Tchataldja, Serbes et Grecs s’allient contre la
Bulgarie et perpètrent une trahison odieuse pour lui ravir la Macédoine.
Ils provoquent des incidents, des attaques formelles contre les détachements
bulgares qui l’occupent et rendent leur défense inévitable. L’ar-