Full text: Oeuvres complètes

307 
CH. XXIV, — DES DOCTRINES D’ADAM SMITH. 
capitai, l^a demande de bras augmenterait encore, et les propriétaires 
retireraient un avantage permanent de la concurrence qui s’établirait 
pour avoir des terres à défricher. 
La culture pourrait, même, tellement s’améliorer, il pourrait en ré 
sulter une telle abondance de denrées alimentaires, que, naturelle 
ment , les mêmes terres desserviraient les besoins d’une population 
beaucoup plus considéralile et paieraient des rentes beaucoup plus 
élevées. De tels résultats ne peuvent manquer d’être avantageux aux 
propriétaires et s’accordent, d’ailleurs, pleinement avec le principe 
que ces recherches doivent mettre hors de doute : savoir, que des pro- 
lits extraordinaires ne peuvent jamais avoir qu’une durée fort limitée, 
car l’excédant que donnent les produits du sol après le prélèvement 
des bénéfices suiiisaiits pour encourager la production et l’épargne, 
cet excédant, dis-je, retourne, en définitive, au propriétaire. 
La baisse que déterminerait dans les salaires cette abondance de 
produits naturels aurait non-seulement pour résultat d augmenter le 
rendement des terres déjà cultivées, mais encore d attirer vers elles 
de nouveaux capitaux, et, en même temps, d’amener le défrichement 
des travaux de qualité inférieure; ce qui tournerait au profit des pro 
priétaires et de la classe entière des consommateurs. La terre — cette 
machine qui produit la denrée la jdus importante — s’améliorerait 
et prendrait une valeur naturelle en face des demandes qui en se 
raient faites. Tous les avantages se feraient d’abord sentir aux ou 
vriers , aux capitalistes et aux consommateurs : mais peu à peu, et 
par la marche naturelle des faits, ils passeraient aux propriétaires 
du sol. 
Indépendamment de ces améliorations qui intéressent si vivement 
la société et si faiblement le pro[)riétaire, l’intérêt du propriétaire 
foncier est toujoui's en opposition avec celui du consommateur et du 
manufacturier. Le blé ne peut jamais se soutenir à un haut prix 
qu autant qu’il faut plus de travail pour le produire, qu’autaut qu’il 
uéeessite plus de Irais de production. La même cause faisant également 
hausser les rentes, il est de l’intérêt du propriétaire foncier que les 
irais de production du blé augmentent. Ce n’est pourtant pas là l’in 
térêt du consommateur, qui voudrait que le blé fût toujours à bas 
prix, relativement à l’argent et aux marchandises; car c’est toujours 
avec des marchandises ou de l’argent que l’on achète du blé. 11 n’est 
pas non plus de l’intérêt du manufacturier que le blé soit cher, car 
ia cherté du blé amène celle des salaires, sans amener celle des mar 
chandises. Il faudra qu’il donne alors non-seulement plus de ses mar-
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.