consacrée exclusivement aux études scientifiques, ces développements, qui
seraient alors adressés aux jeunes gens qui se destineraient à la carrière de l’en
seignement. A l’école polytechnique de Zurich fl) il existe une division de ce
genre, où sont reçus, à titre d’élèves ou d’auditeurs libres, tous ceux qui
veulent suivre des cours de sciences proprement dits, et où il est fait aussi des
cours sur des branches très-variées des connaissances humaines.
Malgré ces réflexions, qui sont surtout dictées par l’intérêt et par l’estime
que nous ont inspirés ces établissements, il est juste de reconnaître que cette
élévation de l’enseignement, jointe à la multiplicité des instituts polytechniques
dont l’Allemagne s’est enrichie depuis trente ans a puissamment contribué à y
développer le goût des hautes études scientifiques, et celui des applications de
la science à toutes les branches des services publics et de l’industrie.
Ces progrès nous étaient indiqués déjà depuis plusieurs années par les publi
cations remarquables qui étaient faites de l’autre côté du Rhin sur toutes ces
questions, et ce que nous avons vu n’a pti que nous confirmer dans les consé
quences que nous avions tirées de l’examen de ces travaux.
Sous ce rapport, l’Allemagne nous paraît avoir fait pour la diffusion des
sciences,et surtout pour leurs applications à tous les besoins des travaux publics,
des arts et de l’industrie, des progrès bien plus rapides que l’Angleterre, et il
importe que la France s’en préoccupe sérieusement, car le jour n’est peut-être
pas loin où l’Allemagne, joignant au hou marché de la main-d’œuvre et aux
habitudes modestes de la vie privée, toutes les ressources de la science, devien
dra pour notre industrie une rivale aussi dangereuse que celle qui, de l’autre
côté du détroit, nous a le plus préoccupés jusqu’ici.
ÉTUDES D’APPLICATIONS.
Dans tous les instituts polytechniques que nous avons visités, les applications
des sciences sont, enseignées aux élèves, non-seulement par des leçons, mais
surtout par des études détaillées et progressives qu’on les oblige à faire de toutes
les parties de l’art ou des services auxquels ils se destinent. Les ingénieurs, les
architectes, les mécaniciens étudient et reproduisent par le dessin, par des pro
jets tous les détails de construction, depuis les plus élémentaires jusqu’aux plus
difficiles et aux plus compliqués. Toutes les parties des projets doivent être
calculées d’après les règles de la science et de l’art.
Les élèves s’aident beaucoup, il est vrai, d’ouvrages tels que les aide-mémoires
dus à des professeurs célèbres, à M. Weisbach, à M. Redtenbach, mais ils n’en
O Voir le rapport sur la Suisse.