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MÉTHODE D’ENSEIGNEMENT Dl DESSIN.
Ajoutons, comme fait général, que dans tous ces enseignements techniques,
quels qu’ils soient, le dessin A main levée et le dessin linéaire occupent a bon
droit une très-large place, qu’ils y servent de moyen d’enseignement, en faisant
pénétrer par les yeux bien des notions auxquelles [intelligence seule se mon
trerait peut-être un peu rebelle. Quant aux méthodes suivies pour cet ensei
gnement spécial, celles qui, sans exception, depuis la haute école de Nurem
berg jusqu’aux plus modestes classes des villages de Wurtemberg, a toujours
et partout donné les meilleurs résultats, est la méthode proposée par feu
M. Dupuis, et qui a trop été perdue de vue en France. Elle consiste, comme
on sait, à faire, soit immédiatement, soit après quelques premiers essais faits
d’après des dessins modèles pour délier la main et l’habituer à opérer d’accord
avec l’œil, dessiner les élèves d’après des objets en relief, d’abord fort simples,
puis combinés, variés de positions, en s’élevant graduellement par des modèles
d’ornements en relief jusqu’au dessin d’après la bosse et d'après nature. Modifiée
dans quelques détails, on la retrouve dans presque toutes les écoles d’Allemagne.
Persuadés comme nous le sommes qu’une des premières et des plus importantes
mesures à prendre pour organiser l’enseignement industriel consiste à propager
partout celui du dessin, nous croyens, dès à présent, devoir signaler à [atten
tion le choix de cette méthode.
CO O R DIN A T ION GE N ER ALE.
Le caractère dominant des institutions allemandes pour [instruction nationale,
c’est l’ensemble, la coordination de tous les établissements qui, depuis l’école
primaire jusqu’aux facultés de l’ordre le plus élevé dans les universités, offrent
aux différentes catégories de citoyens la série des degrés d instruction qu’ils
peuvent avoir le besoin ou la capacité d’acquérir. Les représentations de cette
coordination des enseignements, que nous donnons dans les rapports sur la
Bavière et sur l’Autriche, la rendent parfaitement intelligible à simple vue. A sa
sortie de l’école primaire, l’enfant pauvre peut achever cette première partie de
son éducation dans les écoles du dimanche, dans les écoles bourgeoises ou écoles
primaires supérieures. Il entre ensuite en apprentissage. Si sa famille a plus de
ressources, il passe aux écoles littéraires de deux ordres, selon sa destination, et
il atteint ainsi l’âge de 11\ ans, soit avec une préparation littéraire qui lui permet
d’aborder les études d’humanités, et de là les universités et les facultés qui en
dépendent, soit avec une préparation littéraire et scientifique à l’aide de laquelle
il peut se livrer à des études plus élevées et ensuite aux applications techniques.