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Les besoins de la société actuelle ont ainsi conduit tous les Etats de l’Alle
magne à cette séparation des études à l’âge de i h ans, que l’on a, un peu par
dérision, nommée en France la bifurcation, et qui est, selon nous, une néces
sité commandée, non pas par le désir de précipiter les études, qui n’en ont pas
moins exigé huit ou neuf ans après l’école primaire, mais par la nécessité où
se trouve aujourd’hui la jeunesse d’acquérir sur une foule de sujets des connais
sances plus approfondies que nos pères n en possédaient, afin de pouvoir
répondre à toutes les conditions des services publics et à tous les besoins de
l’industrie ou du commerce.
Y ces directions diverses offertes aux jeunes gens qui veulent, et peuvent
taire dans l’une ou l'autre des études complètes, s’ajoutent, dans l’intérêt et
pour des catégories moins heureuses de citoyens, à la sortie de l'école du
dimanche, les écoles d’apprentis, les cours du soir et du dimanche pour les
ouvriers, les écoles supérieures pour les lilies, les ateliers d’apprentissage variés
selon les besoins locaux, les écoles ou cours spéciaux à certains métiers, les écoles
d’agriculture, celles de pilotes, etc. de sorte que les voies de l’instruction sont
ouvertes à tous et à chacun suivant, sa position, sa carrière ou sa capacité.
Nous devons même ajouter que, pour tous ces enseignements spéciaux,
organisés en vue des besoins de l’industrie, les gouvernements, les provinces et
les municipalités apportent la plus grande libéralité à aider, par des exemptions
des rétributions scolaires et même par des subventions, les sujets laborieux et
intelligents, à poursuivre leurs études le plus loin possible, sans les écarter tou
tefois de la voie spéciale où la position sociale de leur famille doit les engager
à marcher.
C’est un pareil ensemble d’institutions que, par le concours de citoyens
dévoués à leur patrie, des sociétés industrielles, des villes de commerce, des
départements et de l’État, nous voudrions voir établir en France, en appro
priant chacune d’elles aux besoins locaux et aux conditions particulières de l’in
dustrie et des populations.
Si le travail que nous avons entrepris à notre retour d’un séjour beaucoup
trop court dans chacun des Etats que nous avons parcourus si rapidement, peut
aider à la solution de cette importante question, qui nous préoccupe depuis bien
des années, nous serons amplement dédommagés des longues recherches aux
quelles il nous a entraînés.
COMPARAISON DES DÉPENSES FAITES POUR L’INSTRUCTION PUBLIQUE
DANS DIFFÉRENTS PAYS.
11 ne sera sans doute pas inutile de chercher à établir une comparaison entre