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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
de la côte et parce qu’elle peut aller de pair avec celle du
cocotier ou du cacaoyer, à qui elle donne de l’ombre. Le
bananier est un arbre précieux. On ne se lasse jamais de
son fruit qui peut se manger mûr et cru, grillé sous la
cendre ou bouilli et réduit en pâte, en confiture, en bois
son, en amidon, etc.
Comme presque tout l’amidon est transformé en sucre
dans la banane, ce fruit est extrêmement nourrissant.
Une seule plante de bananier peut donner 100 kilogrammes
de fruits par an, de sorte que, sur la même superficie, la
culture du bananier fournit 45 fois plus de matières ali
mentaires que la pomme de terre et 133 fois plus que le
blé. Il existe une banane dorée et la banane rosée. Pour
l’exportation, il est préférable de cultiver une banane
blanche, celle que les exportateurs du Brésil ont adoptée,!
car elle résiste beaucoup mieux à un transport prolongé.
XIX. — Il est possible que dans les contreforts de la
Cordillère qui forme la limite entre le Pérou et l’Équateur,
région qui n’a pas encore été explorée, on rencontre des
filons d’or, particulièrement en raison de la proximité de
Zaruma, centre de mines très riche; d’ailleurs on lave des
alluvions aurifères dans différentes rivières. Mais on ne
peut rien affirmer avec certitude, présentement, car dès
l’endroit connu sous le nom de Puyanco, sur le rio Tumbes,
commence la région des forêts, restées jusqu’à ce jour
impénétrables.
Il semble qu’une grande partie de la province de Tumbes
se trouve composée de charbon de terre et de pétrole. Les
gisements de pétrole découverts jusqu’aujourd’hui sont
extrêmement nombreux. Le principal d’entre eux est l’éta
blissement de Zorritos, monté suivant le système améri
cain, avec tous les appareils modernes. Cet établissement
seul fournit la plus grande partie du pétrole consommé