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NATURE ET ORIGINE DE LA TAILLE 137
d’abord volontaire. Les antécédents de cette pratique se retrouvent et
dans le monde germanique et dans le monde romain. C’est chose bien
connue que les Germains du premier siècle de notre ère offraient chaque
année à leurs « princes » des cadeaux d'armes, de chevaux, etc. Et il n’y
à pas de doute que les présents offerts au roi mérovingien, lors du « champ
de mars », au roi carolingien, lors du « champ de mai », puis en juin, à
l'assemblée générale (placitum generale), ne rappellent cet antique usage!.
Du côté romain les impôts de classe des 1v“ et ve siècles, follis ou aurum
globale, dû par les Sénateurs, l’aurum coronarium, versé par les curiales, le
’hrysargyre ou collatio lustralis, payé par les négociants et commerçants,
pnt commencé par être des cadeaux offerts à l'empereur et sans périodi-
rité ?. L'évolution est donc la même dans les deux mondes.
Néanmoins la transformation de l’impôt régulier, fondé sur une estima-
tion, autant que possible exacte, des ressources du contribuable, perçu
par contrainte, en une contribution volontaire, ou soi-disant telle, dont
le montant est fatalement arbitraire et irrégulier, apportée au souverain
par le sujet en personne, ne peut être attribuée qu’à l’influence de l’esprit
germanique. Le barbare considère comme un déshonneur de devoir au
pouvoir autre chose que le service armé et des cadeaux qu’il veut faire
passer pour spontanés. Sur ce terrain encore, le concept despotique du
devoir envers l’Etat, cher au citoyen antique, dut céder la place à des
pratiques, fruit d’une psychologie plus sommaire, mais peut-être plus
saine, vu l’époque, et plus grosse de conséquences heureuses dans un
avenir lointain.
1. G. Waitz, op. cit… t. IL, 1, p. 215$, 247-251; — H. Brunner, op. cit.
t, IL, p. 68.
2. Mommsen et Marquardt, Manuel des Antiquités romaines, tome X : Organi-
sation financière, trad. Vigié, p. 372; — Gustave Humbert, Essai sur les finances et la
-omptabilité publiques chez les Romains, t, I, p. 366-360.
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