Full text: La crise du petit commerce

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niers représentent une valeur, une somme qui peut être réa- 
lisée en espèces ou en marchandises. 
Une fabrique de savons d’Allemagne ne délivre plus des 
bons, mais des «timbres-rabais» en échange desquels elle 
remet des « primes-rabais» consistant en savons de toi- 
lette, ou aussi en espèces ; mais pour toucher le rabais en ar- 
gent sonnant, le consommateur doit collectionner un nom- 
bre considérable de timbres. Ainsi l’on reçoit pour 36 tim- 
bres trois savons de toilette, alors qu’il en faut déjà 180 pour 
toucher la somme dérisoire de 2 marks, On conçoit aisément 
que pour un ménage moyen, cette prime en espèce devient 
aléatoire. Une autre entreprise berlinoise, s’occupant du 
commerce de margarine, pratique le même système. Elle 
offre «aux ménagères avisées » une margarine surfine, «au 
goût délicieux, comparable au beurre le plus cher», à 1 
mark la livre. « Vous recevez 10 pfennings de rabais ; li- 
» vraison à domicile.» La «ménagère avisée » ne reçoit tou- 
tefois pas 10 pfennings, mais un timbre qu’il lui reste à 
coller dans un carnet spécial édité par la maison. « Bientôt 
votre carnet sera garni de timbres valant 5 marks, en échan- 
ge duquel vous pourriez toucher dans un de nos dépôts un 
objet de ménage à votre choix et d’une valeur correspon- 
dante. » 
Lorsqu’on a collectionné 100 de ces timbres, il n’est donc 
pas question de recevoir 10 marks en espèces ou tout au 
moins 10 livres de margarine. On a seulement droit à un ob- 
jet de ménage, qui représente naturellement de la pacotille. 
« Peut-être, dit l’auteur de la brochure en cause, la ménagère 
apprendra-t-elle à faire la différence entre le faux et le vé- 
ritable, ce qui serait fort réjouissant pour le commerce hon- 
nête. » 
Pour notre part, nous voudrions inviter les commerçants 
à lutter avec une énergie farouche contre tout le système des 
primes, sinon la confusion finira par s’aggraver, au grand 
détriment de nos excellents timbres-rabais. Qui en paierait 
la casse ? C’est toujours la classe moyenne du commerce. 
? Nous citons encore ici, pour terminer quelques docu- 
ments en rapport avec la question des services d’escompie : 
Statuts de l’Union suisse des services d'escompte (Bienne, 
1920). 
Jahresbericht des Schweiz. Rabattverbandes umfassend 
das Jahr 1920. (Il est clair que tous ces rapports annuels 
sont intéressants.) 
Schweiz. Rabatt.-Verband: Statistische Erhebungen, 1915 
(Buchdruckerei Schweizer, Bienne, 1916).
	        
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