2Co LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
beau. La pluie (¡ui me fait patauger, trempé des pieds à la
tête, depuis cinq jours dans une boue indéfinissable s'est accordé,
lasse d’elle-même, quelque répit, .le ipiitte avec joie
.(dasgow, son atmosphère trouble et ses corbillards— l’épidémie
variolique y bat sou plein — et je monte dans un train
du Caledonian Railw^ay qui me conduit, en moins de vingt
minutes, à Yoker-station.
De la gare au bac qui, traversant la Clyde, me déposera
à Renfrew, il y a dix minutes de marche. Le paysage est ravissant
; de vertes prairies, des collines aux pentes gazonnées,
d’agréables cottages entourés de jardinets minuscules, donnent,
au milieu de cette région hérissée de cheminées d’usines
et haletante d’un labeur forcené, l’impression reposante
et fraîche d’une oasis. Glasgow, au loin, se devine à la tache
plus sombre du ciel envahi de fumées lourdes.
Nous traversons la Clyde sur un bac à vapeur ; les eaux,
que la marée ne gonfle pas encore, sont basses et le lit de la
rivière coule, étonnamment faible et encaissé entre les deux
berges. La Seine à Paris, la Garonne à Toulouse, la Loire à
Nantes ont assurément une largeur supérieure à celle de la
Clyde à Renlrew ; et cependant les grands steamers que
V Nantes ne reçoit pas encore, que Paris et Toulouse ne verront
peut-être pas avant bien des années amarrés à leurs
(juais, remontent facilement vers Glasgow, se croisent et
s’évitent sans gêne dans ce cours d’eau étroit, dont l’effort
humain a fait une des grandes routes du commerce mondial.
LES CHANTIERS LOBNITZ.
La drague fut l’instrument de ce prodige — et par une
juste répercussion c’est elle qui règne en souveraine maîtresse
à Renfrew. Sur les 8,000 ouvriers de ce centre industriel,
la plupart s’emploient à construire les robustes et so-