LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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conduit à travers la route périlleuse mais pittoresque, en
tretenue par la Compagnie américaine qui a construit le
chemin de fer et qui possède également ce monopole. Les
diligences et les automobiles sont très confortables; le
trajet s’effectue en deux étapes. Enfin, après avoir tra
versé la charmante petite ville d’Urcos, au nord de laquelle
se trouve le petit lac dans lequel aurait été jetée, suivant
la légende, l’énorme chaîne d’or qui entourait la place de
Cuzco, nous arrivons dans cette ville si bizarre et si cu
rieuse.
L'impression produite par cette cité, qui à un moment donné
fut un des centres les plus actifs de l’univers entier, est celle
de l’admiration ; quoique la ville ne soit pas belle, plutôt
sombre et quelque peu sale, son aspect est aussi original
qu’imposant. La ville a conservé en grande partie les
plans et la disposition des rues de la cité incaïque, ce qui
fait que celles-ci sont généralement étroites et irrégulières.
Cuzco est traversé par le rio Huatanay, canalisé par les
Incas, dont les travaux merveilleux subsistent encore.
Le Cuzco, ou plus exactement Ccozcco, est construit
sur des terrasses artificielles aux pieds desquelles s’étale
une vallée arrosée par cinq cours d’eau ; c’est entre les
divisions formées par ces rivières, que s’étendentles quar
tiers formant autant de cités, œuvres de plusieurs races.
Après le Cuzco cyclopéen, on peut voir les traces
laissées par les Amautas et par les Purhuas, mais les
vestiges les plus imposants sont ceux qui datent des Incas.
Qu’on s’imagine une ville entièrement construite avec des
pierres énormes, des blocs de granit et de porphyre de
couleur foncée, puis sur cette ville rasée à quelques mètres
du sol, sur des constructions à peu près intactes, une
autre s est reconstruite avec un style différent ; c’est la
ville hispano-mauresque des Espagnols et des Péruviens.