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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
une nombreuse population flottante, dans ce chiffre, il faut
compter de 12.000 à 15.000 étrangers. On reconnaîtra
la prépondérance de l’élément européen au Gallao à ceci :
les protestants y possèdent plusieurs temples. Il existe
aussi une synagogue.
C’est avant tout, une ville commerciale, la population
est laborieuse et des plus paisibles ; elle n’a jamais pris
aucune part aux mouvements politiques qui autrefois
troublaient le pays.
La ville ne présente rien de remarquable en dehors de
sa grande activité. Vue de la rade, elle forme une ligne
monotone de maisons construites presque au niveau de la
mer. Son aspect ne prédispose pas en sa faveur, vu le
manque de beaux édifices publics, l’irrégularité de la
plupart de ses rues et des constructions et la rareté rela
tive de l’eau. Les rues sont en majeure partie étroites
mais vivement coloriées; des vérandas, des campaniles,
des colonnades, forment un bizarre assemblage de profils
inattendus.
C’est curieux, sinon tout à fait agréable.
Le quartier du nord forme une agglomération de caba
rets et auberges de marins, de ranchos où les règles de
l’hygiène ne sont pas très exactement observées. Dans
la partie à l’est de la calle (rue) de Lima, s’est groupé
le haut commerce, les rues y sont larges et droites ; les
boutiques alternativement françaises, anglaises, alle
mandes, italiennes, espagnoles, se succèdent sans inter
ruption; cette partie de la ville, la plus haute et la plus
sèche, constitue le moderne Callao.
Le Rio Rimac, qui traverse Lima, a son embouchure à
3 kilomètres du Callao. Au loin, on distingue, vers l’extré
mité d’un ruban de verdure qui signale le cours du rio
bordé de milliers de grands saules, les innombrables