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l’ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
donc toutes les parties de T Allemagne, ne pouvait
être franchie gratuitement que par les objets de
première nécessité, tels que les céréales, la bière et
le bétail ; quant à tous les autres articles indistinc
tement, ils étaient, tant à leur entrée qu’à leur sor
tie, soumis à une taxe de 4 0/0 de leur valeur. Mal
heureusement la résistance et les intrigues des villes
allemandes firent échouer un projet qui certes ne
manquait pas de grandeur, eu égard surtout au
temps, et qui, réalisé, eût pu avancer de plusieurs
siècles l’unité de l’Allemagne, la préservant des dé
chirements intérieurs, des invasions ainsi que de
cette stagnation ou au moins de cette langueur pro
longée, dont la raison se découvre dans le frac
tionnement de ce grand tout germanique en des
parcelles indifférentes, sinon hostiles, les unes aux
autres.
L’avortement de cette tentative n’enlevait pas
d’ailleurs à l’Empereur l’attribution des douanes,
qui lui avaient été concédées formellement par les
lois de l’Empire les plus anciennes comme les plus
récentes à litre de droit régalien. 11 est permis de
penser que l’exercice judicieux de cette attribution
exclusive eût pu tourner au profit de la chose pu
blique, mais ses titulaires, toujours besoigneux, n’y
cherchaient qu’une source de revenus rapides pour
eux plutôt qu’une source de prospérité pour le pays;
et c’est ainsi qu’à prix d’argent les uns se procurè
rent l’affranchissement du droit régalien, et les