fullscreen: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

CHAPITRE XXIV 
Les déportations 
Il restait un pas à franchir : la déportation. Nous n’avons pas, dans 
cet ouvrage, à étudier ce terrible épisode, qui est une des phases de la 
grande guerre qui vaut d’être traitée à part, et qui fait l’objet dans 
la présente collection de l’ouvrage magistral : la Déportation etle Travail 
forcé des Ouvriers et de la Population civile, confié à un auteur parti- 
culièrement qualifié, M. Passelecq (1). C’est à nous simplement à 
montrer comment il se rattache à l’histoire du Secours Chômage et à 
faire connaître les relations entre ce secours et les déportations. 
Il est prouvé par d’innombrables témoignages que les Allemands 
déportèrent des milliers d’ouvriers qui travaillaient encore en Belgique 
et qui n'étaient point secourus. Le Secours Chômage a servi de prétexte 
et de point de départ ; mais en fait, on recherchait avant tout la main 
d'œuvre utilisable. Nous avons assisté personnellement au contrôle 
ou plutôt au triage préalable à la déportation en plusieurs endroits, 
et nous avons vu désigner pour le départ quantité d’ouvriers qui 
n’étaient ni sans ouvrage ni dans le besoin. 
Malgré les affirmations des hauts personnages du pouvoir occupant, 
il ne s’agit donc nullement du bien-être des populations du territoire 
occupé, mais il s’agit avant tout de l’intérêt de l’armée allemande. 
La déportation n’était pas, comme on l’a soutenu souvent, une dépor- 
tation de chômeurs, mais d’ouvriers en général à employer dans l’in- 
dustrie de guerre allemande. Il ne faut pas oublier, en effet, qu’à la 
même époque où s’opéraient les déportations en Belgique, il s’en fai- 
sait de toutes semblables en Lithuanie, en Pologne et dans d’autres 
régions occupées par l’armée allemande. C’est à la même époque éga- 
lement qu’était promulguée en Allemagne la loi d’empire organisar. 
le service civil obligatoire. Il est certain qu’on réclamait en Allemagne 
l’utilisation de la main-d'œuvre des pays occupés. Comment admettre 
que la déportation des Belges fut autre chose qu’une application 
d’un système général imposé par des buts militaires! 
(1) M. PASSELECQ, qui avait déjà consacré un volume à cette grave question en 
1917, l’a reprise dans un ouvrage de cette collection, intitulé : La Déportation et le 
travail forcé des ouvriers belges et de la population civile.
	        
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