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lait injure aux principes dont on était convenu, et ainsi c’est
1n état permanent d’hostilités qui est créé.
Je vais prendre un exemple que vous connaissez tous : il y
1 quelques mois — je me transporte sur le terrain internatio-
ral, car toutes ces questions d’arbitrage sont solidaires — un
lifférend grave s’est produit entre deux pays belliqueux : la
3ulgarie et la Grèce, On avait déjà fait appel à la poudre et
'eût été vraisemblablement la guerre si la Société des Nations
l'avait pas pu évoquer un engagement antérieur — une clause
ompromissoire — je souligne ces mots — en vertu de laquelle
zes deux puissances orientales s’étaient heureusement engagées
par avance, s’il venait à surgir dans la suite des difficultés entre
alles, à les faire résoudre pacifiquement par Jl’arbitrage à
zenève de la Société des Nations. Et la guerre fut évitée.
Voilà, Messieurs, l’intérêt de la question. Voilà comment, je
>rois, nous devons tous être d’accord pour la voir. Et ici, je ne
vous cacherai pas combien j'ai été soutenu par l’exemple si pré-
ieux de la ville de Marseille, où la Société pour la Défense du
Commerce et de l'Industrie, où les Byreaux d’Expertises nous
ont enseigné comment il fallait mettre en valeur la clause
zompromissoire et organiser en pratique arbitrage et expertise.
soutenus encore, nous l’avons été par la Chambre de Commerce
le Strasbourg et nous sommes ainsi arrivés tous à cette convic-
‘lon qu’il valait mieux « concilier » que <« plaider >». N’en
TOUVONs-nous pas encore un exemple précis dans cette histoire
le « l’Huître et les Plaideurs », racontée avec tant de délicatesse
par le grand fabuliste français que nous apprécions tous ?
Et j'en reviens, Messieurs, à mon bon Rigaud, membre dis-
tingué du Corps Législatif, qui, chargé en 1856 du rapport sur
l’arbitrage obligatoire, dénia dans son réquisitoire les bienfaits
le l'arbitrage quel qu’il soit.
Que nous reproche-t-il à nous autres, hommes d’affaires ?
1 expose une première objection au sujet de la moralité des
arbitres, une seconde au sujet de leur impartialité et enfin, il
eur reproche d’avoir trop peur de se faire des ennemis.
La moralité des arbitres ?.. Dans chaque groupe d’activité,
lans chaque association, dans tous les corps de métiers, dans
outes les administrations, dans tous les ordres d'idées, qu’il
s'agisse du législatif, de l’exécutif ou même du judiciaire, n’y
a-t-il pas des brebis galeuses ? Et je ne vois pas pourquoi —
‘out en rendant un très grand hommage à l’impartialité, à Ia
moralité indiscutée de nos magistrats consulaires et judiciaires
— je ne vois pourquoi, dis-je, un citoyen français qui a du