Full text: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

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lait injure aux principes dont on était convenu, et ainsi c’est 
1n état permanent d’hostilités qui est créé. 
Je vais prendre un exemple que vous connaissez tous : il y 
1 quelques mois — je me transporte sur le terrain internatio- 
ral, car toutes ces questions d’arbitrage sont solidaires — un 
lifférend grave s’est produit entre deux pays belliqueux : la 
3ulgarie et la Grèce, On avait déjà fait appel à la poudre et 
'eût été vraisemblablement la guerre si la Société des Nations 
l'avait pas pu évoquer un engagement antérieur — une clause 
ompromissoire — je souligne ces mots — en vertu de laquelle 
zes deux puissances orientales s’étaient heureusement engagées 
par avance, s’il venait à surgir dans la suite des difficultés entre 
alles, à les faire résoudre pacifiquement par Jl’arbitrage à 
zenève de la Société des Nations. Et la guerre fut évitée. 
Voilà, Messieurs, l’intérêt de la question. Voilà comment, je 
>rois, nous devons tous être d’accord pour la voir. Et ici, je ne 
vous cacherai pas combien j'ai été soutenu par l’exemple si pré- 
ieux de la ville de Marseille, où la Société pour la Défense du 
Commerce et de l'Industrie, où les Byreaux d’Expertises nous 
ont enseigné comment il fallait mettre en valeur la clause 
zompromissoire et organiser en pratique arbitrage et expertise. 
soutenus encore, nous l’avons été par la Chambre de Commerce 
le Strasbourg et nous sommes ainsi arrivés tous à cette convic- 
‘lon qu’il valait mieux « concilier » que <« plaider >». N’en 
TOUVONs-nous pas encore un exemple précis dans cette histoire 
le « l’Huître et les Plaideurs », racontée avec tant de délicatesse 
par le grand fabuliste français que nous apprécions tous ? 
Et j'en reviens, Messieurs, à mon bon Rigaud, membre dis- 
tingué du Corps Législatif, qui, chargé en 1856 du rapport sur 
l’arbitrage obligatoire, dénia dans son réquisitoire les bienfaits 
le l'arbitrage quel qu’il soit. 
Que nous reproche-t-il à nous autres, hommes d’affaires ? 
1 expose une première objection au sujet de la moralité des 
arbitres, une seconde au sujet de leur impartialité et enfin, il 
eur reproche d’avoir trop peur de se faire des ennemis. 
La moralité des arbitres ?.. Dans chaque groupe d’activité, 
lans chaque association, dans tous les corps de métiers, dans 
outes les administrations, dans tous les ordres d'idées, qu’il 
s'agisse du législatif, de l’exécutif ou même du judiciaire, n’y 
a-t-il pas des brebis galeuses ? Et je ne vois pas pourquoi — 
‘out en rendant un très grand hommage à l’impartialité, à Ia 
moralité indiscutée de nos magistrats consulaires et judiciaires 
— je ne vois pourquoi, dis-je, un citoyen français qui a du
	        
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